Chant III

Chant III

Le Poulpe au regard de soi(e)

Chant III hero

Note d'intention

L'image parfaite est une insulte. Surface lisse, silence mathématique, absence de faille. Née dans la cage stérile d'un algorithme, elle ignore le doute, la poussière, le temps. Elle se croit entière. Elle se croit achevée.

Mais le monde, lui, rouille.

Alors nous avons ouvert les vannes. L'air, l'eau, le métal. La corrosion s'est déposée sur les bleus du cyanotype comme une lèpre lente. Les produits chimiques ont brûlé la surface trop docile. Les contours ont cédé. L'image s'est mise à suffoquer.

Ce n'est pas un accident. C'est une nécessité.

L'entropie devient une écriture. Une réponse organique à la fixité du code. Là où la machine génère sans fin, la matière rappelle que toute chose se dégrade.

La rouille fait ce que l'algorithme ignore.

Elle détruit. Elle transforme. Elle laisse mourir l'image pour qu'elle redevienne réelle.

Le Chant III poursuit la série en soumettant les cyanotypes à des processus de corrosion et d'altération chimique. L'image générée est volontairement déstabilisée par la matière, laissant l'entropie et l'oxydation agir comme forces de transformation. Trois images sont tirées sept fois chacune, plus ou moins soumises à ce processus.

Cyanotypes sur papier Mitsumata, rouille, soude caustique, 36 × 52 cm.

Chant IIIChant IIIChant IIIChant IIIChant IIIChant IIIChant IIIChant IIIChant IIIChant IIIChant IIIChant IIIChant IIIChant IIIChant III