Cette série part d’images pornographiques circulant en ligne, re-photographiées à l’écran à l’aide d’une Game Boy Camera.
Le porno est ici considéré comme un flux industriel : des corps produits pour être vus, répétés, optimisés, consommés. La sexualité y existe d’abord comme image, avant toute expérience. Elle est déjà standardisée, compressée, rendue compatible avec les machines.
Conçue à l’origine comme un jouet, la Game Boy Camera agit ici comme un outil de sabotage. Elle dégrade une image conçue pour la visibilité maximale. Elle compresse une image déjà compressée. Ce qui était destiné à exciter devient un signal pauvre, instable, presque illisible.
L’image ainsi obtenue est imprimée sur un support absorbant et jetable. Le support ne prolonge pas l’image : il la termine. Elle ne produit plus de désir, seulement une trace.
Ce travail ne montre rien.
Il constate une saturation.












